Monsieur le Gouverneur,

Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être, si vous prenez le temps….

Les Représentants du Personnel de Bourgogne-Franche-Comté ont été invités à faire savoir à la Direction Régionale s’ils souhaitaient vous rencontrer le 29/01/2020 à la Banque de France de Dijon. Je crois inutile de vous faire perdre et de nous faire perdre un temps précieux. En d’autres termes les élus et Représentant syndicaux SNABF préfèrent décliner cette invitation.

Les raisons ? Elles sont nombreuses, mais pour résumer, nous pensons que rien de constructif ne peut ressortir de cet échange. Nous appartenons à deux mondes différents qui ne se rencontrent (réellement) jamais et qui ne se comprennent pas. Malgré les rappels incessants des Représentants du Personnel en national comme en local, force est de constater que la Banque continue sa marche forcée vers un appauvrissement du contenu de nos missions, la perte de notre culture d’entreprise (avec par exemple la fermeture annoncée de GESCCO), des changements contraints de métiers ou de fonctions, quand ce ne sont pas des mutations géographiques ou des situations qui conduisent certains collègues à quitter notre institution.

Toutes ces transformations sont dé-structurantes pour nos missions, pour nos emplois et pour les conditions de travail des agents. Les changements organisationnels et les nouveaux outils de travail censés permettre aux équipes de fonctionner de manière satisfaisante provoquent le rejet d’une grande partie des agents qui ont le sentiment de travailler désormais en mode « dégradé ».

Leur travail aujourd’hui se résume à une qualité empêchée, la multiplication de tâches parcellaires et/ou de masse, placées sous le dictat des objectifs de productivité. Tout ceci est condamnable et préjudiciable à la santé physique et mentale de nos collègues, vous devez l’entendre !

En quelques années, nous sommes passés d’un personnel fier d’appartenir à une institution prestigieuse, à un personnel en quête de sens.

Ce sentiment est encore renforcé par les effets d’affichage, en interne comme en externe, d’une politique sociale et sociétale qui se veut exemplaire alors que les agents vivent au quotidien une politique de destruction massive. Venez échanger avec les nombreux agents dont le quotidien est désormais rythmé par des temps de trajet (sur route ou dans les trains) qui se sont considérablement allongés pour rejoindre leur nouveau lieu de travail alors que la technologie et les outils auraient permis de les maintenir dans leur unité.

Dans le réseau, pour ne parler que des trois principaux métiers en terme d’effectif, nous appliquons vos décisions qui portent pourtant atteintes à nos valeurs :

  • Cotation automatique (intégrée) et accélérée de bilans d’entreprises au mépris des conséquences humaines pour les salariés de ces entreprises
  • Traitement déshumanisé et à la chaine de dossiers de surendettement, là où il faudrait prendre le temps d’accompagner les « victimes » d’un système qui les ignore ou les méprise.

Pour se donner (un peu) bonne conscience, il est prévu de former nos concitoyens à l’Économie. À moins que ce ne soit pour parvenir à leur faire investir leurs faibles économies dans des fonds de pensions ou autres investissements contreproductifs.

  • Et que dire de la disparition programmée et organisée de notre monnaie fiduciaire ?

Le plan Ambition 2020 n’est pas encore arrivé à son terme que vous nous annoncez déjà votre réflexion 2021-2024. Nous vous proposons la dénomination « désolation 2024 ».

Nous déplorons cette situation et nous nous inquiétons sérieusement des conséquences à terme de ces modes de management.

Vous venez en visite dans le réseau, alors prenez le temps d’écouter et d’entendre ce que les agents du réseau ont à vous dire.

Cordialement

Les élus SNABF Bourgogne-Franche-Comté