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Bonjour à tous,

Je voudrais reprendre les écrits de Gérard Keiff qu’il nous a remis en mémoire en mars 2014 et qui sont toujours d’actualité « nous sommes fiers de participer à la continuité de l’action entreprise par les membres fondateurs dans un contexte difficile. Il leur en a fallu du courage pour créer le syndicat des habits bleus. Pour cette raison nous devons rester fidèles à leur mémoire en faisant nous aussi du courage un moteur de notre action ».

En résumé, ne pas oublier le passé pour avancer vers l’avenir c’est ce qui doit guider notre combat. Je ne vais pas revenir sur tous les combats menés par notre syndicat depuis 111 ans, ils ont été nombreux et presque toujours à notre initiative. Mais je voudrais rappeler, que depuis plus de 20 ans à chaque congrès nous faisons le constat qu’un nouveau plan social est mis en oeuvre. Le Gouvernement de la Banque, avec le soutien du ministère de tutelle, réduit nos implantations et nos effectifs et coupe dans les dépenses sociales. Cela devient de plus en plus dur pour nos collègues qui ont subi 2 voire 3 mutations en quelques années. Les syndicats ne peuvent que tenter d’améliorer les conditions matérielles de ces mutations, faute de pouvoir empêcher le démantèlement de notre Institution, mais la souffrance au travail est bien présente comme le souligne les CHSCT.

Le contexte national et international pousse nos dirigeants à justifier le démantèlement des services publics et la remise en cause des acquis sociaux au nom de la soi-disant modernisation nécessaire du pays. Leur leitmotiv est « il faut réformer ». Mais ce qu’ils appellent réformer c’est une régression sociale sans précédent. Les données des organismes officiels sont claires, l’écart se creuse entre les plus riches et les plus pauvres dont le nombre augmente sans cesse. La classe moyenne est en voie de paupérisation ; la gentrification des centres villes repousse les classes les moins favorisées dans de lointaines banlieues, ce qui détériore encore leurs conditions de vie.

En cette année 2014 qui commémore les 100 ans de l’assassinat de Jean Jaurès, j’aimerais rappeler le combat de cet homme d’exception qui après un engagement plutôt modéré a compris l’importance du combat syndical avec les mineurs de Carmaux. Il démontra que c’est la violence des patrons de la compagnie minière qui provoqua la violence des ouvriers. Ces patrons qui bafouèrent le résultat des élections municipales en licenciant un délégué syndical élu maire de Carmaux.

Gardons en mémoire cette citation admirable de Jaurès « le courage c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ». Dans cette société individualiste, matérialiste, où la compétition est reine, il nous dit de ne pas oublier l’utopie qui selon Victor Hugo est la réalité de demain.